Les moments les plus critiques : l’installation en couple

C’est le premier pas en avant. Symbolisé par cette brosse à dents bleue, acceptée dans le même verre que votre brosse à dents verte. Vos deux noms sur l’interphone ou sur la boîte aux lettres. Celui ou celle rencontré quelques mois plus tôt lors d’un premier rendez-vous,  que vous ne côtoyiez jusque- là que lors d’occasions « spéciales », des cinés, des restos, des escapades, uniquement destinés à faire vibrer les cordes de votre amour, devient un compagnon de tous les instants. Passons sur les colocataires bordéliques, un peu cracra voire limite pétomanes. Ceux-là seront renvoyés dans leurs pénates par le premier taxi, en moins de temps qu’il n’en faut pour faire décongeler une barquette de spaghetti bolo.

Mais malheureusement, même le plus exquis des compagnons fait vite passer les 40 m2 du deux pièces en 9 m2 d’une cellule de Fleury-Mérogis. « Où t’as rangé ça ? Où tu vas ? Qu’est-ce que tu fais ? Où t’étais ? Qu’est-ce qu’on fait ce soir ? Pourquoi tu fais autant de bruit avec les pages de ton journal ? T’as besoin de laisser couler l’eau pendant que tu te brosses les dents ? » Autant d’immixtions dans votre intimité auxquelles votre vie de célibataire ne vous avait pas habitué. À un moment donné, il y a tellement de vapeur dans la cocotte qu’elle se met à siffler comme si elle allait exploser.

Vous voulez donner une chance à votre couple en allant prendre l’air, vous n’avez pas le courage de dire que vous êtes mal, vous êtes nostalgique de votre liberté passée ? Vous découchez, vous déconnez.

N.B. : Certains qui ont déjà vécu les délices de la vie en commun ou qui les redoutent par ignorance de tout ce qu’ils peuvent apporter de bon, anticipent et dégainent avant même d’avoir signé le bail. Peut-être sont-ils des visionnaires, ou alors des médiocres. Une chose est sûre, en amour comme en transport ferroviaire, sauter du train avant la première gare ne vous emmène jamais très loin.