Les moments les plus critiques : la maladie

Sortez vos mouchoirs. On ne va pas vous déprimer pendant cinquante pages avec ça, mais il s’agit encore d’un moment où les humains font très fort question solidarité, et où la morale met son gilet pare-balles.

Que votre cher et tendre soit hospitalisé quelques jours pour une intervention bénigne, en maison de repos pour une méga dépression, ou carrément en train de rendre son dernier souffle, vous êtes dans les trois cas extrêmement vulnérable. Seul à la maison, triste et inquiet, fatigué de vous rendre tous les jours dans cet endroit glauque, lié par la dépendance de l’autre, et tourmenté par la culpabilité d’être, vous, en bonne santé.

Trois solutions s’offrent alors à vous : vous vaquez à vos occupations en attendant que ça passe, vous vous dévouez jour et nuit à l’autre, en attendant votre part de méga-dépression, ou vous vous dites que vous vous feriez un plateau-télé pour vous changer les idées.

Certains auront un penchant pour le mélange Bergman + pizza, d’autres, plus bout-en-train, pour un mix De Funès + blanquette ou, encore plus fort, une soupe aux choux devant… La Soupe aux choux, fusion sidérante pour mieux s’oublier l’espace d’un film. Quelle que soit votre programmation télévisuelle et culinaire, la surprise, c’est que vous vivez encore ! Les émotions, la joie, sont à votre portée. Et c’est là que vous vous faites cueillir, par ce meilleur ami que vous avez toujours imaginé comme un frère, par ce collègue plein de compassion devenu un proche. On recherche la chaleur humaine, un sourire, une accolade, et les choses glissent tendrement jusqu’à la sortie de route, et au petit tas de vêtements à côté du canapé.

Quels sont, selon vous, les circonstances et endroits à risques, en matière d’infidélité ?

65 % des Français répondent « les fêtes et les soirées ».

58 %, « le travail ». 57 %, « les vacances ». 26 %, « le sport ». 17 %, « le cinéma » (?).

Source : sondage IPSOS/l/SD, 1997

Une fois de plus, nous ne sommes pas là pour vous juger. Ce que vous faites est à la fois pas sympa pour celui qui souffre, et compréhensible, étant donné le niveau de pression que vous subissez. Une fois encore, seule la morale se dresse entre vous et la bouffée d’air frais. Si toutefois vous le faites alors que votre conjoint est juste hospitalisé pour deux jours et une petite opération de rien du tout, vous risquez d’avoir du mal à trouver qui que ce soit pour vous soutenir. Essayez quand même de vous contrôler un minimum. On n’est pas des bêtes (quoi que…).